Spécialiste de la vision intégrée, I2S se focalise sur la santé

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Par Anne Cesbron, le 27 mai 2019

Journaliste

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La PME I2S, basée à Pessac, fête ses 40 ans en juin et annonce l’ouverture d’une nouvelle usine à Cestas pour y regrouper ses activités d’assemblage et de logistique. Elle prévoit de concentrer son développement sur des segments à fort potentiel commercial, en commençant par les domaines de la santé et du bien-être.

Il est arrivé de San Francisco, après trente ans passés à l’international pour le groupe Schneider Electric. En septembre 2017, Xavier Datin prenait les rênes d’I2S, à la faveur du départ de Jean-Louis Blouin et d’Alain Ricros, les deux fondateurs de la PME installée à Pessac (Gironde). Celui qui avait dirigé, pour Schneider, une filiale dédiée à la domotique puis un incubateur de start-up dans les domaines de la maison connectée et de l’énergie solaire, rêvait de Sud-Ouest et d’une direction de PME. De son côté, I2S, spécialisée dans la capture, le traitement d’image et la distribution de composants dédiés à la vision intégrée et augmentée, se cherchait un nouveau souffle.

Un gros contrat avec l’Église mormone

« L’enjeu était de mettre la société sur une trajectoire à moyen terme tout en essayant d’améliorer la rentabilité à court terme. Après une année 2017 difficile où nous avons perdu de l’argent, 2018 s’est plutôt bien passée (14,7 M de chiffre d’affaires, soit +11 % par rapport à 2017, NDLR). Nous avons rempli les objectifs que l’on s’était fixés, à savoir un retour à la croissance et à l’équilibre », se souvient Xavier Datin. Les effectifs sont alors stabilisés à 65 collaborateurs, après treize départs et l’arrivée d’une dizaine de nouveaux profils censés « rééquilibrer l’entreprise au niveau marketing et commercial ». De nouvelles compétences sont ainsi mobilisées, en achats, assurance qualité, modélisation 3D… Ce renfort a rapidement apporté ses premiers succès. 2018 a ainsi vu la signature d’un contrat de plusieurs centaines de milliers d’euros avec un client féru de numérisation : l’Église mormone. I2S a été retenu pour être la bibliothèque numérique de l’Église de Jésus-Christ des saints des derniers jours.

Se concentrer sur des segments de spécialisation

En outre, un nouveau plan stratégique 2019-2023 est à définir. Dans un contexte de développement soutenu de la vision intégrée et augmentée, I2S se sent pousser des ailes. Ses points forts : une présence commerciale à l’international dans 80 pays via son activité de numérisation de documents patrimoniaux et d’archives, et un savoir-faire technique « du pixel au cloud », qui autorise I2S à développer ses propres produits intégrant imagerie 3D et intelligence artificielle. « On ne peut pas tout faire, nous devons être sélectifs et nous concentrer sur des segments de spécialisation », prévient le directeur général.

La contrefaçon ou la restauration pourraient être candidats pour une spécialisation. Tout comme l’environnement : « il se passe pas mal de choses dans le tri des déchets ». Des annonces seront faites dans ce sens avant la fin de l’année. À ses investisseurs réunis voilà quelques semaines, I2S rendait compte d’un premier trimestre 2019 au beau fixe, prévoyant une croissance rentable à partir de 2021 et un doublement de son chiffre d’affaires à l’horizon 2023. Le regroupement des activités d’assemblage et de logistique au sein d’une nouvelle usine de 1 500 mètres carrés à Cestas va accompagner dès lors ce développement.

Maîtriser le matériel et le logiciel

En attendant, I2S concentre son développement sur le segment de la santé. Comme pour la numérisation de documents, l’entreprise capitalise sur ses acquis. « Au-delà du savoir-faire international, ce qui m’a frappé à mon arrivée, c’est un objet, une sonde développée par I2S », se souvient Xavier Datin, visiblement encore admiratif. Destiné aux dentistes, Wow modélise en 3D le dentier. Ses livraisons démarrent en juin, après un lancement en mars au salon IDS de Cologne, le rendez-vous mondial de la dentisterie, par la société partenaire Biotech Dental. « Notre stratégie repose sur le développement de ce type de produits, et à leur vente à l’international. Nous voulons en maîtriser non seulement la commercialisation, mais aussi la solution globale – matériel et logiciel. C’est un changement pour I2S qui avait tendance à être trop sous-traitant et tributaire de grands donneurs d’ordre. »

Dans cette optique, un nouveau produit nourrit les ambitions d’I2S : un micro-automate d’observation numérique du développement embryonnaire dans le cadre d’une fécondation in vitro. Son lancement est prévu en 2020. « La procréation médicalement assistée est un secteur en croissance », assure le dirigeant. Il existe 1 500 centres de procréation médicalement assistée à travers le monde, lesquels pourraient également être clients de la bibliothèque numérique d’I2S sur le cloud, pour analyser et consolider les résultats des transferts d’embryons, à l’aide de l’intelligence artificielle. La boucle est bouclée.